L’actuel président du Niger, Mahamadou Issoufou, élu en 2010 après une transition militaire, a décidé, après ses deux mandats, de passer la main à un autre Nigérien en respectant ce que prévoit la Constitution de son pays en son article 47, alinéas 1 et 2 qui dispose en ces termes :
<< Le Président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de cinq (5) ans, renouvelable une (1) seule fois.
En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux (2) mandats présidentiels ou proroger le mandat pour quelque motif que ce soit. >>
En effet, il fait organiser l’élection présidentielle dans le respect du délai prévu. Ainsi, la CENI avait organisé le premier tour le 27 décembre dernier. Les résultats du premier tour du scrutin publiés par l’organe en charge de l’organisation des élections, donnèrent 39,33% au candidat Mohamed Bazoum, ministre de l’intérieur du président sortant. Et l’ancien Président Mahamane Ousmane obtint 16,99%. Du coup, le second tour a opposé les deux le 21 février. Selon les résultats provisoires donnés par la CENI, Mohamed Bazoum a gagné l’élection avec 55,75% (2 501 459 voix) contre Mahamane Ousmane qui a obtenu 44,25% (1 985 736 voix).
Cependant, le président de la CENI, Issaka Souna a indiqué devant le corps diplomatique et les autorités nigériennes rassemblés au Palais des congrès de Niamey que ces “résultats sont provisoires et doivent être soumis à l’analyse de la Cour constitutionnelle”. Par conséquent, l’opposition a la possibilité de saisir la Cour constitutionnelle pour faire valoir ses droits.
Il convient également de souligner que l’opposition conteste ces résultats et crie au “hold-up” électoral.
Ce scrutin a été organisé dans un contexte sécuritaire très fragile avec les terroristes qui ne cessent d’endeuiller le Niger ces derniers temps. D’ailleurs, des représentants de la CENI ont été tués par des terroristes à l’occasion du second tour.
Par ailleurs, il faut rappeler que le Niger est un pays qui, depuis son indépendance, a connu beaucoup de coups d’Etat dont le dernier fut opéré par l’armée le 18 février 2010 contre l’ancien président Mamadou Tandja (qui est décédé). Et si l’on en croit au Président Issoufou, son pouvoir aurait déjoué deux coups d’Etat dont l’un en 2011 et l’autre en 2015. Peut-être que c’est par crainte de voir l’histoire se répéter que le Président Issoufou a décidé de passer la main d’autant plus qu’il sait que Mamadou Tandja avait été renversé par l’armée pour avoir prolongé de trois ans son mandat par un référendum.
Mais peu importe la raison, le nom du Président sortant Mahamadou Issoufou sera inscrit dans le panthéon des grands hommes qui auront marqué l’histoire politique du Niger parce que, par ce geste politiquement fort, il favorise l’enracinement de la démocratie dans son pays.















Une grande fierté pour le peuple nigérien.
Lorsque nous avons la volonté et avons le minimum de respect pour son peuple, nous devons impérativement respecter nos engagements surtout en ce qui concerne la constitution de son pays.
L’histoire retiendra que Mahamadou Issoufou élu démocratiquement, fut celui qui pour la première fois, transféra le pouvoir de façon pacifique à un autre démocratiquement élu. Il part la tête haute et redonne de la dignité au peuple nigérien.
Que cet exemple inspire d’autre dirigeants et d’autre peuples car c’est aussi une action du peuple qui est resté vigilant tout au long des deux mandats et surtout pendant le processus électoral.